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Français  |  Site in English 12:57:05, mardi, 28 mars 2017

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Mme Bangura à l’écoute des femmes victimes de Bria et de Paoua

 

Au cours de sa visite d’une semaine en République Centrafricaine, la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies Chargée de la question des violences sexuelles en conflit, Mme Zainab Hawa Bangura, s’est respectivement rendue, le 06 décembre, dans la ville de Bria (Nord-est), et le 08 décembre, à Paoua (Nord-ouest). Dans les deux localités, les femmes victimes de violences sexuelles ont partagé avec elle vécus et doléances.

 

Chef-lieu de la Préfecture de la Haute Koto (Nord-est), la ville de Bria a été le théâtre, en septembre 2011, d’affrontements ethniques entre les Rounga et Goula, ce, par rebellions interposées. D’un côté, la Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix (CPJP) et, de l’autre, l’Union des Forces Démocratiques pour le Rassemblement (UFDR). Des combats qui avaient fait des dizaines de morts et occasionné le déplacement de centaines de personnes vers la brousse.
 
La ville de Paoua (Préfecture de l’Ouham-Pende, Nord-ouest) n’est pas en reste, elle qui a servi de base arrière à l’ancienne rébellion -la plus grande du pays- de l’Armée Populaire pour la Restauration de la Démocratie (APRD). Suite aux accords de Paix et au processus de Désarment, Démobilisation et Réinsertion (DDR), APRD s’est auto-dissoute, le 17 mai 2012.
 
A Bria, Paoua, ou ailleurs dans le pays où sévissent les groupes politico-militaires, de nombreuses victimes sont dénombrées, soit durant des affrontements inter-rébellions soit face aux Forces Armées Centrafricaines (FACA). Mais la présence de groupes rebelles est davantage synonyme d’exactions parmi les civils, le plus souvent des personnes vulnérables, dont les femmes et des enfants. Et aujourd’hui encore, les femmes continuent de payer un lourd tribut.
 
En effet, comme le souligne Mme Zainab Hawa Bangura, qui était accompagnée, dans ces visites de terrain, d’une équipe d'Experts en matière de l'Etat de droit et de la violence sexuelle dans les conflits, du Coordonnateur régional chargé de la violence basée sur le Genre, ainsi que du Directeur de Cabinet de la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies en RCA, Baboucarr Jagne, et de la Chef de la Cellule Genre du BINUCA, Mme Gladys Teni Atinga, « le conflits armés donnent prétexte à des exactions, le plus souvent, à l’égard des femmes ».
 
C’est pourquoi à Bria, après sa rencontre avec les autorités locales, dont le Préfet de la Haute Kotto, David Dendou, la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies Chargée de la question des violences sexuelles en conflit a échangé avec une quarantaine de femmes, parmi lesquelles des leaders des organisations féminines de la localité, de même qu’avec les organisations non gouvernementales.
 Une rencontre qui a été l’occasion de passer en revue la violence sexuelle sous toutes ses coutures, en l’occurrence celle survenue durant les différents conflits qui ont eu lieu dans la région, sans oublier les actions entreprises pour y remédier ou la prévenir. « La raison de ma visite est de toucher du doigt les réalités vécues par les femmes durant ces conflits en RCA. Pour moi, il importe de mieux comprendre non seulement le contexte mais en plus de voir comment les femmes ont été affectées durant les conflits», a fait valoir Mme Bangura.
 
Déjà, pour les victimes, telles Mme Sadia, cette présence à leurs côtés de Mme Bangura est positive à bien des égards : « cette visite est pour nous porteuse d’espoir et de souffle nouveau, après les durs moments que nous avons vécus. Nous espérons que par Mme Bangura, notre voix sera portée haut pour que plus jamais nous ne revivions ces moments difficiles », espère-t-elle.
 
Les femmes de Bria ont profité de l’occasion pour présenter leurs doléances tant à l’endroit du Gouvernement que de la communauté internationale. Et plus que tout, elles « aspirent à la paix et à la sécurité, ayant plus qu’assez de la guerre et de la violence, et reconnaissant qu’en l'absence de paix, elles peuvent difficilement avoir accès à des moyens de subsistance et, ainsi, pouvoir se reconstruire ». Cette doléance comme tant d’autres, promet Mme Bangura, figura en pole position dans son prochain rapport au Conseil de Sécurité des Nations Unies.
 
En effet, martèle la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies Chargée de la question des violences sexuelles en conflit, « je me dois d’attirer l’attention du monde sur la situation en RCA ; et en ce sens, je vais engager le Gouvernement, les groupes armés et les différents leaders militaires et tous les autres acteurs pour que des solutions soient trouvées aux problèmes des femmes».
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