
Initiés par la Communauté de l'Afrique de l'Est (CAE), les efforts en faveur d'une paix et d'une sécurité durables au Burundi mobilisent le soutien de partenaires et d'acteurs bien au-delà des frontières de ce bloc régional.
Aux côtés de l'ONU, d'autres acteurs continuent d’apporter un soutien financier, technique et diplomatique au processus de dialogue notamment l’Union africaine, l'Union européenne, la Chine, ainsi que d'autres pays donateurs.
La Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) contribue également aux efforts de paix au Burundi.
En tant qu’agence par laquelle l’ONU canalise le soutien logistique et opérationnel au processus de paix, le Bureau de l’Envoyé spécial du Secrétaire général (OSESG) pour le Burundi travaille en étroite collaboration avec la Communauté des Etats d’Afrique de l’Est (CAE) et l’Union africaine, les deux institutions au premier plan de la coopération entre l'ONU et les partenaires régionaux.
Communauté de l'Afrique de l'Est
Le dialogue interburundais est une initiative de la Communauté de l'Afrique de l'Est (CAE), une communauté économique régionale composée de six membres comprenant le Burundi, le Kenya, le Rwanda, le Sud-Soudan, la Tanzanie et l'Ouganda.
La CAE a nommé le président Yoweri Kaguta Museveni de l’Ouganda et l’ancien président tanzanien Benjamin Mkapa respectivement médiateur et facilitateur du processus.
Les pourparlers de paix qui ont suivi la crise électorale au Burundi en 2015 ont été lancés par le facilitateur en mars 2016. Trois ans plus tard, cette initiative régionale visant à atténuer les tensions politiques et à stabiliser le pays reste dans l'impasse.
L'initiative est gérée par le Secrétariat de la CAE, l'organe qui met en œuvre les directives du Conseil des ministres et du Sommet des chefs d'État de la CAE. En vertu de cet arrangement, le secrétariat de la CAE dirigé par le Secrétaire général est responsable du soutien technique et logistique de la CAE au dialogue, tandis que le facilitateur est entièrement responsable de la conduite de ces pourparlers.
Le gouvernement du Burundi, qui s'oppose à toute forme de dialogue avec des groupes d'opposition extrémistes en exil, a boycotté la cinquième session des pourparlers, qui s'est tenue à Arusha, en Tanzanie, en octobre 2018, et le facilitateur a par conséquent saisi la Communauté de l'Afrique de l'Est. impasse continue.
Dans sa quête d'une paix durable et de la stabilité au Burundi, la CAE s'est associée à l'ONU par l'intermédiaire du Bureau de l'Envoyé spécial du Secrétaire général au Burundi (OSESG-B), qui fait partie d'un groupe de travail technique conjoint sur l'initiative de paix. Outre la CAE et OSESG-B, ce groupe d’appui technique pour le facilitateur comprend également l’Union africaine.
La République du Burundi a adhéré au traité CAE le 18 juin 2007 et est devenue membre à part entière de la Communauté le 1er juillet 2007.
Union Africaine
En tant qu’acteur essentiel du processus de paix au Burundi, l’Union africaine suit de près le processus du dialogue inter-Burundais, qui est mené par la Communauté de l’Afrique de l’Est. À cette fin, l'UA est représentée au sein du Groupe de Travail Technique Conjoint sur le dialogue inter-Burundais. C'est au sein de ce forum qu'elle (UA) collabore directement avec OSESG-B pour appuyer et évaluer et guider le processus.
Globalement, l’UA partage une position commune avec l’ONU sur le caractère central de l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation du 28 août 2000, en tant que cadre de référence pour tous les efforts visant à instaurer une paix durable au Burundi. Toujours comme les Nations Unies, l’organisation continentale a également exprimé sa préoccupation face à la lenteur des progrès du dialogue. Elle a également dénoncé l'absence du gouvernement lors du cinquième round des pourparlers tenus à Arusha en octobre 2018 et insiste sur le fait que ces pourparlers restent la seule plate-forme viable pour un règlement pacifique durable dans le Burundi.
Les actions de diplomatie préventive conduites par l’Union africaine à travers son Conseil Paix et Sécurité (CPS) au Burundi s’inscrivent dans une tradition ancienne des interventions et de la présence continue de l’UA dans ce pays. C’est au Burundi que l’UA a déployé sa première mission de paix. En janvier 2003, l’Organisation continentale a autorisé le déploiement d’une mission d’observation chargée de surveiller l’application du cessez-le-feu. Le 3 février 2003, elle a approuvé le déploiement de la Mission africaine au Burundi (MIAB) prévue par les accords de cessez-le-feu des 7 octobre et 2 décembre 2002. Le 01 juin 2004, les éléments de la MIAB ont été transférés à la Mission des Nations Unies au Burundi.
C’est dans le prolongement de cette présence continue de l’UA que dès 2014, et sur recommandation du CPS, que la Commission de l’UA a dépêché au Burundi pas moins de 10 misions de très haut niveau, y compris le Panel de cinq chefs d’Etat et Gouvernement auprès des plus hautes autorités politiques du pays ainsi qu’auprès des acteurs politiques, les organisations de la société civile et les partenaires bilatéraux et multilatéraux du Burundi.
